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Musiques contemporaines XX & XXI

Musiques contemporaines XX & XXI

Chroniques de concerts,de festivals, d'événements, de livres, de disques et de DVD.

8 Décembre 2016

Liste des CD de la contemporaine ayant concouru aux Coups-de-Cœur 2016 de l'Académie Charles Cros

Liste des CD de la contemporaine ayant concouru aux Coups-de-Cœur 2016 de l'Académie Charles Cros

La liste  des CD ayant concouru aux Coups de Cœur 2016 de l’Académie Charles Cros, Commission Musique contemporaine

Monographie compositeur

Adamek, Ondrej, Körper und Seele, Multiple, Wergo, WER 6419 2, 2016, Tchèque

Adès, Thomas, Illumination from within, Choi, Winston, Cuicatl, YAN 005, 2015, RU

Andreyev, Sammuel, Moving, Ens. Proton Bern, Klarthe, K014, 2015, Canada

Aperghis, Georges, Tourbillons, Michel-Dansac, Donatienne , Umlaut records, , 2016, France

Bacri, Nicolas, Les Quatre saisons : concertos , Orch. Victor-Hugo franche-Comté, Klarthe, K017, 2016, France

Barrett, Richard, Music for cello and electronics, Deforce, Arne & Yutaka Oya, Aeon, AECD 1648, 2016, RU

Beffa, Karol, Blow up, Aubier, Beffa, Berthiaud, Fourmeau… [etc.], Indessens, INDE082, 2016, France

Bertrand, Christophe, La Chute du rouge, Court-Circuit, Motus, M214008, 2015, France

Buchala, Maury, Portrait , Court-Circuit, Sesc, CDSS 0074/16, 2016, Brésil

Burgan, Patrick, Bataille de Muret, Interprète multiple, Hortus, Hortus 127, 2015, France

Combier, Jérôme , Gone, Ens. Cairn, Aeon, AECD 1651, 2016, France

Dumont, Aurélien, While, Ens. Orchestral contemporain, P-A Valade, NoMadMusic, NMM023, 2016, France

Dutilleux, Henri, Orchestral works, Seattle symphony, dir. Ludovic Morlot, , Seattle symphony, 2016, France

Filidei, Francesco, Forse , Ens. 2E2M, dir. Pierre Roullier, L'Empreinte digitale, ED13247, 2016, Italie

Gervasoni, Stefano, Le Pré, Orvieto, Aldo, p & Furukawa, Saori, vl, Winter & winter, 010 238-é, 2016, Italie

Henry, Pierre, Continuo-Capriccio, idem, Decca, 4812411, 2016, France

Hersant, Philippe, Piano Works, Buttard, Valentine, NoMad Music, , 2015, France

Hugues, Dufourt  , Burning Bright, Les Percussions de Strasbourg, PDS, Percus, PDS116BB, 2016, France

Hurel, Philippe, Traits, Court-Circuit, Motus, M215009, 2015, France

Lenot, Jacques, Le Livre des Dédicaces, Revel, Jean-Christophe, L'Oiseau prophète, , 2016, France

Lenot, Jacques, Et il regardait le vent, Quatuor Tanat, Raphaêl Duchateau, L'Oiseau prophète, 1, 2016, France

Ligeti, György,  6 Bagatelles, Kammerkonzert…, Les Siècles, F-X Roth, dir., Musicales Actes Sud, ASM 26, 2015, Autro-Hongrois

Nillni, Ricardo, Hélices, Alexis descharmes, vlc… [et al.], L'Empreinte digitale, ED13248, 2016, Franco-Aregentin

Pauset, Brice, Der Geograph, Voix humaines,  Interprète multiple, AEon, AECD 1652, 2016, France

Pecou, Thierry, Les Liaisons magnétiques, Ens. Variances, Resonanz, J. Srockhammer, Aeon, AECD 1546, 2016, France

Reich, Steve, WTC 9/11, Quatuor Tanat, Megadisc, MDC 7878, 2016, USA

Royer, Vincent - Luc Ferrari -Brunhild Ferrari, Ephémère, Mode, Mode 285-F4, 2015, France

Sighicelli, Samuel, Etudes pour piano & Sampler, Samuel Sghicelli, Cuitcal, YAN 004, 2015, France

Terrugi, Daniel, The Four saisons, Terrugi, Daniel, Megadisc, 0-634065-872694, 2015, France

Zbinden, Julien-François, Intégrale des quatuors à cordes, Quatuor Sine Nomine, Gallo, Gallo CD-1451, 2015, Suisse

Anthologie interprète

Angster, Armand, Solo clarinet, C. Betrand, B. Freneyhough, A. Posadas, I. Fedele, H. Lachmann, Y. Robin, Triton, TRI331202, 2016, France

Klarthe Quintet, French touch, Beffa, Onslo, Taffanel, Verdier, Klarthe, K004, 2015, France

Lhermet, Vincent, Rameau, hier et aujourd'hui, Urquiza, Motsch, Idon, Bordalejo, Hersant, Klarthe, K011, 2015, France

Orch Symph. De Volgograd, E. Siffert, , Fernorod, Roy, Reichel, Mettraux, Gallo, CD-1192, 2015, Suisse

Orchestre d'Harmonie de la Région Centre, P. Ferro, dir., Images du temps, Zavaro, Bacri, Louvier, Tiêt, Klarthe, K010, 2015, France

Péclard, Etienne, Violoncelle 5 cordes, Burgan, Bille, Péclard, Lacombe, Marcellario La Franca, Agobet, Rolin, Chaban,, Triton, TRI331203, 2016, France

Quatuor Tana, Shadows, Y. Robin, F. Bedrossian, R. Cendo, Paraty Productions, B01AMFCI8E, 2016, France

Talgram, Imri, Sans titre, Nancarro, Kagel, Furrer, Stockhausen, Soltice, SOCD 317, 2015, France

Tosi, Diego, Phonic design, Tosi, Nunes, Benjamin, Pintscher, Mantovani, Canat de Chizy, Soltice, SOCD 318, 2016, France

Ythier, Marie, Le Geste augmenté, Farhang, Juan-Marcos, Maestracci…, Evidence, EVCD16, 2015, France

Publié par Omer Corlaix à 11:51am - Voir le commentaire ()

6 Décembre 2016

Concert : hommage à Frédérick Martin avec Florentino Calvo, le 8 décembre à 20 h

Florentino Calvo évoque sa rencontre avec le compositeur Frédérick Martin

Concert : hommage à Frédérick Martin avec Florentino Calvo, le 8 décembre à 20 h

Jeudi 8 Décembre 2016 à 20h : Frédérick MARTIN, du chaos à l'énergie

Concert inaugural de l'Association FKM "Frédérick MARTIN, compositeur"

A s s o c i a t i o n i n t e r n a t i o n a l e " D imi t r i C h o s t a k o v i t c h "

1 9 b i s , r u e d e s S a i n t s P è r e s 7 5 0 0 6 P a r i s

r é s e r v a t i o n imp é r a t i v e a u 0 1 4 7 0 3 9 0 4 3

ma i l : a s s o c i a t i o n@c h o s t a k o v i t c h . o r g

avec

Shan-Shih Chang, violon

Junichi Ito, piano

Pierre-Yves Artaud, flûte

Florentino Calvo, mandoline

Flore Dupuy-Martin, piano

Sohrab Labib, piano

Publié par Omer Corlaix à 16:21pm - Voir le commentaire ()

23 Novembre 2016

Pierre Boeswillwald, un pionnier de l'électo-acoustique par Julien Sanchez-Galvan

Pierre Boeswillwald, né à Toulon en 1934, est un musicien élecroacousticien et concret français.

Ingénieur électricien, il travaille d'abord pour le théâtre avant de rencontrer Pierre Schaeffer en 1953 et de se passionner pour les possibilités du magnétophone à bande, alors tout nouveau en France. Il est élève de Schaeffer au Groupe de recherches musicales (GRM) de 1968 à 1972.

Il a fait partie du noyau du Groupe de musique électroacoustique de Bourges (Imeb) et a fondé en 1982 avec Eric Mulard le Studio Delta P à La Rochelle.

Au théâtre, il a travaillé notamment avec Roger Blin, Roland Dubillard, Jean Gillibert, Jorge Lavelli, Jean-Marie Serreau, Daniel Sorano et Laurent Terzieff.

Il a également travaillé à la télévision.

Publié par Omer Corlaix à 11:26am - Voir le commentaire ()

12 Novembre 2016

La petite chanson du cinéma

Publié par Omer Corlaix à 13:36pm - Voir le commentaire ()

8 Novembre 2016

Premier meutre, "jeu de rôle" à l'Opéra de Lille

Gabriel, Misère et Hyppolite cop. Philippe Gosselin
Gabriel, Misère et Hyppolite cop. Philippe Gosselin

Gabriel, Misère et Hyppolite cop. Philippe Gosselin

Le Premier Meurtre

Opéra d’Arthur Lavandier (né en 1987), livret de Federico Flamminio

Direction artistique et musicale Maxime Pascal

Mise en scène, scénographie Ted Huffman

Costumes Pascale Lavandier et Clémence Pernoud

Lumières : Joseph Malcolm Ripperth

L’ensemble Le Balcon, projection sonore Florent Derex

Gabriel Vincent Le Texier, Emma Léa Trommenschlager, Hippolyte Taeill Kim, L’Autre Vincent Vantyghem, Misère Elise Chauvin, Herman Manuel Nuñez-Camelino, Aleksandr Damien Bigourdan

Ce soir Mardi 8 novembre et demain 9 novembre à 20 h, l'opéra est un art cruel... Trois représentation en tout pour le moment.

La question du sens est au cœur de l’opéra contemporain, elle est illustrée physiquement par la présence de surtitre projeté au-dessus de la scène obligeant l’œil de l’auditeur à naviguer de haut en bas et vice-versa. La voix lyrique fait écran au texte du livret. C’est le mur du son de l’opéra contemporain, la quadrature du cercle à résoudre. Peu de compositeurs parviennent  à résoudre le problème.  Arthur Lavandier et son librettiste, Federico Flamminio ont pris le sujet à bras le corps avec leur metteur en scène et scénographe, Ted Huffman à l’Opéra de Lille.  Le Premier meurtre nous projette dans un XIXème siècle imaginaire, un dramaturge Gabriel doit écrire une pièce de théâtre. L’écriture de celle-ci est au cœur du processus du déroulement  de l’opéra. Le réel, la page blanche et le plateau ne font qu’un. Le dedans et le dehors, la scène et  le hors-scène se mettent en mouvement. Un meurtre semble être le moteur du drame, mais nous n’allons pas  « spoiler » l’histoire, ni dévoiler ses méandres. Nous sommes des postmodernes, nous ne croyons plus à grand-chose.  Il faut de la ruse, de l’habileté pour nous convaincre, ainsi le livret comme la musique, trouvent leur juste équilibre, l’un ne nuisant pas à l’autre. Si la musique est très matiériste dans ses jeux de textures, la voix chantée s’impose naturellement sur le plateau.

Si au début, un vertige nous saisit, très vite le librettiste et le compositeur focalisent notre attention sur l’enchainement des évènements. Comme si nous étions les spectateurs d’une partie d’échecs, nous accompagnons le déplacement des pièces, les unes à la suite des autres, sans perdre le fil de la narration. C’est-là que se trouve le miracle de cet opéra, certes nous percevons bien une brillante réflexion sur la notion de « premier meurtre » au cœur de l’opéra comme de la vie.  L’Euridice de Peri et L’Orfeo de Monteverdi nous avaient déjà mis sur la piste de celui-ci, mais Arthur Lavandier  et Federico Flamminio  parviennent à renouveler cela. La mise en scène de Ted Huffman n’ajoute pas une énième lecture, tout au contraire elle rend palpable le drame, nous ramène au déroulé de l’histoire. Sombre histoire faite de brèves lumières. Les musiciens du Balcon, sous la direction de Maxime Pascal, sont aussi des protagonistes de drame, la musique circule de la scène à la fosse pour, parfois, se fondre dans la salle. La sonorisation, la projection sonore de Florent Derex accentue la présence des musiciens comme des chanteurs. L’interprétation de Gabriel par Vincent Le Texier est puissante, son duo avec Hyppolite, interprété par le baryton Taeill Kim, est un des moments forts de l’opéra, tout comme son ultime échange avec sa compagne Emma, la mezzo-soprano, Léa Trommenschlager.  Il y a des seconds rôles, ainsi Misère, interprété par la soprano Élise Chauvin, contrebalance avec justesse une présence masculine qui pourrait être ressentie comme étouffante.  Bien évidemment, on se pose la même question que le rédacteur du synopsis du programme « mais qui est donc l’Autre », interprété par le baryton Vincent Vantyghem, un autre « Vincent » ? Il y a Hermann et Aleksandr, les Dupont/d de l’opéra, les lutins du drame, des feux follets, des virgules… Là, où Luciano Berio s’était pris les pieds dans le tapis du mélodrame verdien avec sa célèbre Vera storia, Arthur Lavandier, réalise un jeu de rôle lyrique tout en finesse, nous rappelant ainsi que l’opéra a encore des choses à nous chanter.

Publié par Omer Corlaix à 17:33pm - Voir le commentaire ()

7 Novembre 2016

Olivier Messiaen, un mage en musique par Jacques Amblard

Introduction, une médiologie d'Olivier Messiaen. La thèse, homorythmie d'Olivier Messiaen, le cristal

Un compositeur du Conservatoire de Paris (CNSMDP), sa réception aux USA et au Japon

Troisième partie, Épode de Chromochronie, Le Prêche aux Oiseaux extrait de Saint-François, la scène 6 et non 8 comme je dis dans l'ITV, puis l'Éclaire sur l'au-delà , VIe mouvement, Les 7 anges aux 7 trompettes....

Quatrième partie de l'entretien aborde l'Apocalypse de Jean comme matrice du parcours de Messiaen mais aussi de la magie

Jacques Amblard a publié en octobre 2015, Vingt regards sur Messiaen. Une étiologie de la médiation aux Presses Universitaires de Provence (PUP). On retrouve dans la quatrième partie de l'entretien des thèmes qui sont également  abordés dans son roman, Noé [vies explosées], comme la magie ou l'ésotérisme.


 

 
Olivier Messiaen, un mage en musique par Jacques Amblard

Publié par Omer Corlaix à 18:45pm - Voir le commentaire ()

27 Octobre 2016

Ludovic Morlot, un français dirige à Seattle Dutilleux

Entretien avec le chef d'orchestre Ludovic Morlot

J'ai rencontré le maestro Ludovic Morlot dans une brasserie parisienne, il dirige actuellement le Seatlle Symphony  depuis 2011, il a été prolongé jusqu'en 2020. Sa première rencontre avec le Pacific Northwest Symphony Orchestra remonte à l'année 2009. Peu, d'entre nous se souviennent du concert historique au Avery Fisher Hall de New York que dirigea Ludovic Morlot, où il révéla aux new-yorkais,  le 9 janvier 2009, le chef-d'œuvre pour orchestre de Tristan Murail, Gondwana. Tristan Murail enseignait la composition depuis 1997 à la Columbia University mais il fallut attendre sa dernière année d'enseignement pour que le New York Philharmonic dirige une de ses œuvres. Celle-ci a été composée en 1980, et elle n'est toujours pas au répertoire de l'Orchestre de Paris. Il faut savoir prendre son mal en patience ! Ludovic Morlot était à Paris pour faire la promotion d'un coffret de 3 disques réalisé avec son orchestre et consacré à Henri Dutilleux. 

Au fil de la conversation, j'ai découvert une personnalité attachante. Pardon pour le côté pop-club à la José Artur, Je l'interroge aussi sur le prix des places, le financement de l'orchestre....

Quelques noms : le violoniste Vladimir Landsman, chef d'orchestre Charles Bruck, le compositeur Sebastian Currier, Cyril M Harris et également  Jack A. Benaroya...

 

Benaroya Hall
Benaroya Hall
Benaroya Hall
Benaroya Hall
Benaroya Hall

Benaroya Hall

Publié par Omer Corlaix à 09:18am - Voir le commentaire ()

24 Octobre 2016

Noé [vies explosées]. Un roman haut en couleur. Grand entretien en 3 parties avec Jacques Amblard

Première partie de l'entretien avec Jacques Amblard. Il vient de sortir un second roman dans la Collection Inventions aux Éditions MF qui parle de transmigration des âmes mais aussi de musique, de la voix dans le roman contemporain. Il a publié aux Éditions MF, L'Harmonie expliquée aux enfants, Pascal Dusapin : l'intonation ou le secret . Il a publié aussi aux Presses Universitaires de Rennes cette année, Vingt regards sur Messiaen. Une étiologie de la médiation.

Deuxième partie de l'entretien : la question du style parlé dans un roman, Céline, le graphisme du livre, le code de couleur, la cause animale, l'enfance, Dieu et ses avatars, mais aussi l'opéra (Lachenmann...) et l'art du conte, une lecture d'un extrait....

Troisième partie de l'entretien : l'ésotérisme et la musique, la loi, l'intonation

Publié par Omer Corlaix à 17:42pm - Voir le commentaire ()

22 Octobre 2016

Jacques Amblard au Collège de France, la musique comme objectivation de l'affect

Publié par Omer Corlaix à 14:45pm - Voir le commentaire ()

19 Octobre 2016

Copi(e) conforme, l'ombre d'Artigas, retour sur un livret

Copi(e) conforme, l'ombre d'Artigas, retour sur un livret

Martin Matalon, L’Ombre de Venceslao sur un livret de Jorge Lavelli d’après la pièce de Copi à l’Opéra de Rennes, mercredi 12 octobre 2016

En reprenant un extrait provenant de la note d’intention de la mise en scène du programme de L’Ombre de Venceslao que j'ai complété entre crochets en rouge.

 « C’est au moment du putsch militaire de 1943  le colonel [Juan Perón fait partie des putschistes] que les jeunes  « mariés » [Regilio et China, les deux enfants de Venceslao] arrivent dans la capitale d’argentine : un peu plus tard, les journaux [Crítica est géré par Raul DamonteTaborda, le père de Copi] qu’ils [ ?, les péronistes, le Parti radical, l'Armée] achètent, parlent des élections générales de 1946 [Juan Perón a créé en 1947 son mouvement politique, le Parti Justicialiste. Il quitte le gouvernement des militaires en octobre 1946. Il est candidat à la présidence de la République de 1946, il est élu le 24 février avec  56 % des suffrages contre le vieux Tamborini, qui appartient au même parti que le père de Copi au Parti Radical, RCV]… Après l’échec de la formule d’union démocratique, c’est le triomphe de Juan Perón à la présidentielle [1951] et sa chute en 1955… Coup d’état, terrorisme, instauration de la panique auront raison du jeune couple et leur mort –tout comme celle de Coco Pellegrini, intrépide séducteur, précipitera les plaisirs conquis de la grande ville dans la tragédie. »

La famille de Copi est complètement imbriquée dans l’histoire contemporaine de l’Argentine. Ainsi son père, Raul Damonte Taborda (1909-1982), est un des caciques du parti Radical, il a été  élu plusieurs fois  députés. Raul Damonte Taborda, en épousant Georgina Nicolasa surnommée dans la famille « La China », la fille de Natalio Botana, un magnat de la presse, fondateur du puissant quotidien Crítica, et de la poétesse et dramaturge,  Salvadora Medina Onrubia, il entrait dans une des grandes familles ayant pignon sur rue. Face aux aléas de la vie politique, la famille de Copi dut plusieurs fois traverser l’estuaire du Rio de Plata pour se réfugier à Montevideo, en Uruguay. La première fois, sous la sous la présidence d’Hipolito Yrigoyen  de 1930 à 1932, puis une seconde fois après la nationalisation, en 1951, de Crítica par les péronistes. Le grand-père était de naissance uruguayenne, originaire de Montevideo. L’exil sera également, une composante de la vie de Copi (1936-1987).  L’épisode péroniste ne s’acheva pas avec le coup d’état de 1955. Il y eut un « remake » avec son retour d’exi,l en 1973, de Perón qui meurt l’année suivante, et la succession, en 1974, à la Présidence de la République, de sa dernière compagn,e Isabelle Martinez de Péron, nouvelle incarnation d’Eva Perón qui sera renversée en 1976 par une dictature militaire féroce. L’Ombre de Venceslao, la pièce fut écrite en 1977,  sept ans après sa charge contre Eva Perón !  Copi toujours en exil, décède dix ans plus tard des suites du Sida. 

Il nous faut entrer plus profondément dans l’histoire de l’Argentine en évoquant la présence dans le livret du « vieil  Artigas ». Venceslao se décide  de quitter sa famille pour  «  prendre les chemin de l’exode du vieil Artigas. » Une figure essentielle de la Guerre d’Indépendance  des Provinces-Unies du Río de la Plata. En 1810, celles-ci rassemblaient l’Argentine et l’Uruguay. Si l’Argentine conquit rapidement son indépendance, la Province Orientale (futur Uruguay) fut annexée par le nouvel Empire du Brésil qui venait de se libérer du joug de sa métropole portugaise. Elle voyait d’un mauvais œil l’instauration d’une république à sa frontière.  Le Liberatore de la Province Orientale, José Gervasio Artigas, premier rallié aux Provinces-Unies du Rio de la Plata, fut lâché par la jeune République d’Argentine qui préféra s’entendre avec le Brésil sur le dos de la Province Orientale. Vaincu, puis trahi par un de ses généraux, le libérateur de Montevideo, Artigas  partit en exil en septembre 1820 au Paraguay, avec 150 de ses partisans. Il fallut,  le  sacrifice des « Treinta y Tres Orientale » en 1825 pour que s’engage une nouvelle guerre de d’indépendance  contre le Brésil qui libéra en 1830 l’Uruguay.

Venceslao, avant de se pendre, met les points sur les « i » dans la scène 28 de l’opéra, en confiant son origine au Perroquet «Je suis natif de la ville Trente Trois [en Uruguay], fils d’une métisse indienne qui survécut au massacre de sa mère, dans une attaque de colons, en traversant à la nage le fleuve Uruguay pour se réfugier à Diamante en Argentine et vivre sa vie.  

L’exécration du péronisme et de la dictature militaire sont au centre de cet opéra. L’exil de Venceslao puis son suicide dans un lieu magique, les Chutes d'Iguazú, à deux pas de la frontière Paraguay, rappelle l’exil d’Artigas et la trahison de l’Argentine à son encontre. Au sale temps qui noie l’Argentine, sous des trombes d’eau diluviennes depuis 1943, succède dans l’opéra, les chutes d’Iguazú évoquant un paradis possible, pour Copi ? Une dernière question me revient en mémoire, pourquoi avoir donné le nom de China à la fille de Venceslao, sachant que c’était le diminutif de sa mère, celle-ci eut certes des complaisances pour le péronisme mais quand même… 

Si le sexe est dit sans détour dans la mise en scène de Jorge Lavelli, d’une manière crue, la politique et l’histoire, sauf le push militaire, sont effacées  de la mise en scène. Pourtant, elles sont « historiquement documentées » dans le livret comme on dit aujourd’hui. Les seuls êtres libres dans l’opéra seraient donc le perroquet et le singe, répéter et singer !  

La mise en scène était porté par un rythme vif, pas un moment de répit en dépit d'une panne technique qui donnait une allure brechtienne * à celle-ci par la présence des techniciens sur le plateau. Musicalement, Martin Matalon a brouillé les pistes entre opéra et théâtre, la voix parlée se mêle naturellement à la voix chantée sans discontinuité. L'orchestration est également vive, se renouvelle tout le temps, kaléidoscopique ! Les scènes de tango sont habilement amenées. Le seul bémol de la soirée, c'est que l'on ne saisit les raisons du suicide de Venceslao. Le personnage est bien dessiné mais reste énigmatique du début à la fin de l'opéra. Bien évidemment, Thibaut Desolantes dans le rôle de Venceslao, crève l'écran par sa présence physique et vocale. Le Largui de Mathieu Gardon révèle un magnifique acteur d'une grande sensibilité. China est peut-être le seul rôle vraiment chanté au sens pyrotechnique de l'opéra, Estelle Poscio, est une soprano, légère et labile pour un rôle où la pitié n'est pas son fort.Nous avions, une distribution homogène qui fait corps avec l’œuvre. Il faut admettre que le Perroquet de David Maisse s'est imposé comme un personnage à part entière de l'opéra.

*Une précision, l'allure "brechtienne", de la mise en scène n'est aucunement lié à la panne informatique mais volontaire. L'arrivée de la carriole de Venceslao fait référence à la célèbre carriole de Mère courage de Brecht dans la mise en scène célèbre du Berliner Ensemble dans la mise en scène de Leopold Lindtberg. 


Publié par Omer Corlaix à 17:18pm - Voir le commentaire ()