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Musiques contemporaines XX & XXI

Musiques contemporaines XX & XXI

Chroniques de concerts,de festivals, d'événements, de livres, de disques et de DVD.

13 Septembre 2014

IRCAM, concert d’ouverture : Fermeture pour travaux, Cursus 2 et +

Melancolia. Vendredi 12 septembre à 20 par l’Ensemble Intercontemporain. Les compositeurs : Matthias Pintscher, Martin Strańczyk, Salvatorre Sciarrino, Claude Vivier, Blaise Ubaldini

Paris est une ville étrange, la musique contemporaine avait disparu du paysage musical pendant près de deux mois. Hier soir l’IRCAM ouvrait la saison musicale contemporaine. Elle l’avait fermée avec l’Académie du festival Manifeste. Le titre de ce concert Melancolia rassemblait deux jeunes compositeurs du Cursus 2 et deux compositeurs classiques de la contemporaine l’italien Salvatore Sciarrino et le compositeur canadien Claude Vivier. Le concert a débuté par une œuvre le directeur musical de l’Ensemble Intercontemporain Matthias Pintscher, Meneton pour percussions. Le titre fait référence à la religion celte, il désigne la clairière où le Druide fait son office. Les trois familles des percussions sont présentes, les peaux, les métaux et les bois mais ils appartiennent tous les trois aux percussions n’ayant pas de résonnance propre. L’œuvre débute par une séquence mélodico-rythmique sur les wood-blocks qui reviendra come un leitmotiv,  puis le discours s’étend aux autres instruments dans une vision plus primaire, plus primitive du son. Il est à noté que la pièce fut interprétée sans partition. La seconde œuvre au programme est celle d’un des stagiaires du Cursus 2, Marcin Stańczyk (*1977). Il a suivi le cursus de composition et d’informatique musicale de 2011 à 2014. L’an passé, il a remporté le Prix Takemitsu au Japon. Aftersounds pour deux percussionnistes fait référence aux afterimages du peintre polonais Wladyslaw Strzeminski. Il introduit l’idée de « son premier » et de « son rémanent » résultant de la transformation en temps réel. S’Il superpose ces deux types de son, il pratique aussi la dissociation des sources sonores et des gestes instrumentaux. Cette approche virtuelle du son l’amène vers la « performance totale » ainsi grâce aux micros placés aux bouts des doigts des deux musiciens, ceux-ci par un simple frôlement des lames du marimba génèrent d’étrange sonorité. De même le ballet des mains au-dessus des instruments produits des volutes sonores. On perçoit chez ce compositeur une grande habileté à manier des techniques complexes sans perdre l’horizon du concert. Après un court entracte, Melancolia I pour piano et clavecin de Salvatore Sciarrino est une œuvre ascétique, des accords martelés au piano s’opposent à une mélodie ressassée jusqu’au déni du temps. Idée fixe, l’obsession habite le mélancolique, le temps [le] piétine ! Et, je reverrai cette ville étrange de feu Claude Vivier est également une œuvre du ressassement mais cettemélancolie mzlancolie est heureuse.Ses unissons mettent à rude épreuve les nerfs des interprètes, le moindre écart, et patatrac… Et, ça s’entend ! Aïe ! La tension est à son comble. Vivier, c’est un maître de la couleur. La dernière œuvre au programme, seconde œuvre du Cursus 2, Bérénice du français Blaise Ubaldini (*1979). Oui, oui, Racine, le grand… Je ne sais plus quand, cette semaine, en revenant de l’avant-première du dernier film de Gregg Araki, surgissait de mon transistor, la voix de Marcel Bozonnet interviewé par Laure Adler. Il fut un grand Antiochus avec sa diérèse. C’est un sacrifié de l’amour ! Notre Bérénice mimait toute les voix sauf celle de Titus, le mal aimé. Caroline Imhof avait un frein prosodique sur la langue que les musiciens et l’électronique mimaient. Bien évidemment, je pensais au cher Antonin Artaud et à son Jugement de Dieu mais aussi à Carlo Bene, et oui, je l’ai vu dans Macbeth… Blaise Ubaldini a indéniablement le sens du théâtre musical mais son usage de la technique électroacoustique  m’a semblé des plus frustes, trois ans pour ça.

Nous avons appris en ouverture de cette soirée que Lespro, l’Espace de projection sonore serait fermé pendant deux ans pour cause de travaux. Ben, oui, ça rend un peu mélancolique. Manifestement, tout fout le camp en cette rentrée 2014 !

IRCAM, concert d’ouverture : Fermeture pour travaux, Cursus 2 et +
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Publié par Omer Corlaix à 09:18am

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