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Musiques contemporaines XX & XXI

Musiques contemporaines XX & XXI

Chroniques de concerts,de festivals, d'événements, de livres, de disques et de DVD.

18 Septembre 2014

La musique contemporaine, est-elle un art des confins ? Le festival Musica commence jeudi 25 septembre.

L’édition 2014 propose une édition plus resserrée du festival  avec un éditorial mieux architecturé. En final, une meilleure lisibilité, qui s’en plaindra ? Le festival se clôturera le vendredi 10 octobre.

Les choses et les petits riens d’Adalbert Stifter à Strasbourg, Heiner Goebbels a signé en 2007 un de ses meilleurs spectacles en ouverture et la création de Burning bright d’Hugues Dufourt au festival Musica seront au rendez-vous..

Jeudi 25 septembre 2014

Stifters Ding de Heiner Goebbels : jeudi 25 septembre à 18 h 30 et vendredi 26 septembre à 18 h 30 et 20 h 30 au Théâtre de Haupierre, Strasbourg

Burning bright d’Hughes Dufourt, jeudi 25 septembre à 20 h 30 au Théâtre National de Strasbourg

Dans moins une semaine le Festival Musica va démarrer sur les chapeaux de roues avec Stifters Ding de Heiner Goebbels (*1952). Il est certes un compositeur mais progressivement il est devenu également un dramaturge, un scénographe et un metteur en scène de ses spectacles. Tout en un, c’est un artiste complet au sens où on l’entend aujourd’hui dans le monde des arts plastiques où la performance est devenue la boussole. On avait pu voir et entendre à Lyon, la saison dernière un magnifique spectacle de la Biennale Musique en scène,  Les chants des guerres que j’ai vues. De jeunes musiciennes à l’ombre de lampes de chevet, lisaient des extraits de l’autobiographie de Gertrude Stein écrite durant la Seconde guerre mondiale. Dans une lumière tamisée, dans une ambiance très cosy, un brin british, nous allions de propos futiles à des réflexions profondes sur nos congénères durant la France occupée. La musique était faite de citations remodelées et distillées sur ton léger. La grande histoire était filtrée par le quotidien, l’anecdote. Avec Stifters Ding, Heiner Goebbels met en avant un romancier autrichien que l’on commence seulement aujourd'hui en France à mieux percevoir a richesse. C’est une littérature des confins. Adalbert Stifter  (1805-1868) est célèbre par un court roman, L’Homme sans postérité. On est loin du romantisme échevelé de la « grande nation », toujours en attente du grand homme. C’est un romantisme biedermeier, celui des lieds de Schubert ou de Schumann, des petits riens qui font la vie. Les Alpes autrichiennes sont figurées par une flopée de pianos mécaniques empilées les uns sur les autres trônant au-dessus d’un lac glauque. Point d’être humain à l’horizon, seules des voix provenant des haut-parleurs comme celle de l'ethnologue Claude Lévi-Strauss soutenu par le piano de Glenn Gould. Le directeur de la Triennale de la Ruhr est un magicien ayant réussi à métamorphoser la notion de « théâtre musicale », chère à Georges Aperghis. Si vous n’avez pas encore vu ce spectacle, il va falloir vous déplacer un jour ou l’autre à Strasbourg. Et, le même soir à 20 h 30 au TNS, il y a la création de Burning bright du compositeur Hughes Dufourt (*1943) par les Percussions de Strasbourg. Hughes Dufourt y travaille depuis 2010. Elle aura la durée d’un concert.  La percussion le poursuit depuis presque une quarantaine s’années. Erewhon (1972-1976) créée au festival de Royan en 1977 également par les Percussions de Strasbourg reprenait le titre d’un roman éponyme de Samuel Butler. L'œuvre ne fut éditée qu’en l’an 2000 par Unacorda après sa recréation en 1999 sous la direction de canadienne Lorraine Vaillancourt. Ce fut une redécouverte de l’œuvre. La sortie du disque, un an plus tard, fut l’évènement discographique de l’année 2000 ! L’unanimité de la critique fut au rendez-vous, voilà le chef-d’œuvre. Loin de toute virtuosité facile ou de primitivisme aguicheur, Hugues Dufourt prenait au sérieux la percussion.  On s’imagine bien que l’attente est aujourd’hui à son comble. Fait-il référence au premier vers au poème Tyger de William Blake, « Tyger ! Tyger ! Burning bright » ?

Extrait d'Erewhon, 4ème partie

Stifters Dinge © Mario del Curto ; Heiner Gobbels © Wonge Bergmann ;Hugues Dufourt © Astrid Karger ; Les Percussions de Strasbourg © Charlotte Michaillard
Stifters Dinge © Mario del Curto ; Heiner Gobbels © Wonge Bergmann ;Hugues Dufourt © Astrid Karger ; Les Percussions de Strasbourg © Charlotte Michaillard
Stifters Dinge © Mario del Curto ; Heiner Gobbels © Wonge Bergmann ;Hugues Dufourt © Astrid Karger ; Les Percussions de Strasbourg © Charlotte Michaillard
Stifters Dinge © Mario del Curto ; Heiner Gobbels © Wonge Bergmann ;Hugues Dufourt © Astrid Karger ; Les Percussions de Strasbourg © Charlotte Michaillard

Stifters Dinge © Mario del Curto ; Heiner Gobbels © Wonge Bergmann ;Hugues Dufourt © Astrid Karger ; Les Percussions de Strasbourg © Charlotte Michaillard

Publié par Omer Corlaix à 10:47am

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