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Musiques contemporaines XX & XXI

Musiques contemporaines XX & XXI

Chroniques de concerts,de festivals, d'événements, de livres, de disques et de DVD.

25 Octobre 2014

La quadrature du cercle à Musica 2014 par les Tana.

Le quatuor Tana s’est mis en quatre à Musica

Dimanche 28 septembre 201, à 11 h Salle de la Bourse, Festival Musica 2014

Jacques Lenot, Quatuor n° 6 (2008) ; Ondřej Adámek, Lo que no’ Contamo’; Yves Chauris, Shakkei (2012) ; Pascal Dusapin, Quatuor n° 4 (1997) par le Quatuor Tana

Le Quatuor Tana monte en gamme dans la musique contemporaine. Il s’impose aux côtés des Diotima en France comme un des meilleurs quatuors à cordes au service de la musique contemporaine. C’est un des paradoxes de l’histoire musicale, la formation musicale la plus ancienne, sans remonter au-delà du XVIIIe siècle s’avère être le meilleur médium pour la diffusion de la création musicale. Il faut se souvenir du Quatuor Arditti dont on fête cette année les quarante de créations musicales, on peut comparer aujourd’hui ce dernier au Quatuor Schuppanzigh qui créa les quatuors de Ludwig van Beethoven. Quatre compositeurs sont au programme dont deux jeunes créateurs, le tchèque Ondřej Adámek (*1979) et le français Yves Chauris (*1980). L’un et l’autre sont allés à la Casa Vélasquez. Ils sont encadrés par deux routiers du genre, Jacques Lenot (*1945) et Pascal Dusapin (*1955) qui ont chacun à leur actif, sept quatuors à cordes.

Commençons par Jacques Lenot dont les Tana viennent de graver les sept quatuors en trois disques pour le label Intrada. Le Sixième quatuor est d’un seul tenant. Il débute par un tremolo misterioso accompagné de pizzicatos sonores auxquelles succèdent une séquence très rythmée, faites de petits coups d’archet semblant faire du surplace. Le quatuor avance par successions de séquences, couplet et refrain. Une mélodie large s’immisce dans le discours musical puis à la fin resurgissent, les tremolos du début vivement interrompus par un pizzicato sonnant comme un point d’orgue. Ondřej Adámek a une vision plus fantasque de la musique, influencé par le flamenco les deux violons et l’alto deviennent mandoline. Il multiplie les modes de jeu demandant aux musiciens une grande dextérité. Le pizzicato règne en maître. Le titre provient du premier vers d’une copla, Lo que no’ Contamo’ que nous pouvons traduire par Ce que nous nous racontons. La musique Ondřej Adámek invente un folklore hybride. La musique d’Yves Chauris est plus calme, moins tourmenté mais elle exige des interprètes une grande dextérité comme par exemple pour les violons, mettre en aplat la main gauche sur les cordes au niveau du manche et déplacer horizontalement le dos l’archet de gauche à droite et vis-et-versa dans le même mouvement. Peut-être que ce geste musicale lui a été suggéré par le léger frottement résiduel, généré par le déplaçant les chevalets mobiles sur les cordes, des joueurs de Koto qu’il a découvert au japon durant sa résidence à la Villa Kujoyama ? La sonorité obtenue est magnifique et inattendue. Le titre du quatuor donne une clef, Shakkei, « paysage emprunté ». Le concert s’est achevé avec le Quatrième quatuor de Pascal Dusapin, plus simple pour les interprètes que les deux précédents, la forme est aussi plus facilement identifiable, ABA’, mais le sens dramaturgique propre à celui-ci fait toute la différence. Il y a de l’évidence de bout en bout, c’est en quelque sorte la coda qu’il fallait à ce concert en quatre mouvements.

La quadrature du cercle à Musica 2014 par les Tana.
La quadrature du cercle à Musica 2014 par les Tana.
La quadrature du cercle à Musica 2014 par les Tana.
La quadrature du cercle à Musica 2014 par les Tana.
La quadrature du cercle à Musica 2014 par les Tana.

Publié par Omer Corlaix à 18:36pm

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