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Musiques contemporaines XX & XXI

Musiques contemporaines XX & XXI

Chroniques de concerts,de festivals, d'événements, de livres, de disques et de DVD.

8 Décembre 2014

Théo Mercier et Laurent Durupt font la peau du futur

Théo Mercier, Du futur faisons table rase

Bande son Laurent Durupt, Lumière Forent Jacob, Texte Pauline Jambert et Thomas de Vienne

François Chaignaud, Jonathan Drillet, Pauline Jambet, Philippe Katerine, Marlène Saldana et Sexy Sushi

Samedi 6 décembre 2014, Théâtre nanterre-Amandiers à 21 h 30

Le spectacle que proposait le théâtre de Nanterre-Amandiers, semblait plus proche de la performance que du théâtre. Théo Mercier est classé selon le critère des Beaux-arts dans la catégorie « sculpteur » mais il a fait à vingt ans un court passage à l’Ecole nationale supérieur de création industrielle (ENSCI) qui lui a transmis une familiarité avec les matériaux et les objets « designés ». C’est pendant son stage dans l’atelier de l’artiste américain Matthew Barney concepteur de grand récit où s’imbrique cinéma, performance, œuvre d’art et fiction. Du futur faisons table rase s’inscrit dans cette filiation. Vidéo, théâtre et performance se conjugue. C’est un triptyque avec un prologue. Une femme aux longs cheveux noire avec une petite moustache de même couleur et des grandes oreilles de Mickey. Elle monte sur la scène côté jardin après une petite explosion de paillettes. Elle porte une combinaison en latex bouffant inoxydable, évoquant un rat avec une queue protubérante, elle est accompagné d’une musique concrète « bidulante », elle déblatère un discours sur le thème du futur qui ne passe pas. Puis avant de disparaître, elle est saisie d’une crise de nymphomanie. L’action se déroule de manière linéaire allant du côté jardin au côté cour. Le premier panneau est une scène intime accompagnée au clavecin, très musique baroque. Une femme portant une coiffure digne de Léonard, le coiffeur de Marie-Antoinette, converse avec un libertin. Celui-ci est tout autant porté sur l’achiote du fromage que sur la poitrine de sa « Présidente de Tourvel ». Les bougies se consument lentement. « C’était le bon vieux temps », « c’était mieux avant » comme l’indique des calicots venant des cintres. La partie centrale nous plonge dans le présent, très « no futur » figure un concert punk avec sa grille de protection et son malabar. La chanteuse, Sexy Sushi, incarne une rockeuse très « destroy », elle se fera éjecté violemment de son concert par son musicien en tenue méphistophélique. Les masques tombent, il lance une diatribe à l’encontre l’égotisme de la petite bande de jeunes qui s’était mise à danser au pied de la scène comme dans un concert rock… La dernière partie se déroule côté cour, des colonnes carrées sans chapiteaux de hauteur variable imitant le marbre, une note sinusoïdale plane au-dessus de la salle. Un faune nu, la peau enduite d’une couleur blanche évoquant le statuaire antique entre en scène. François Chaignaud évolue dans une danse hiératique de style « paléo-grecque », influencée par la chorégraphie de Nijinski pour le Prélude à l’Après midi d’un faune. Tout est blanc et immaculé, une théière symbolisant la modernité est brisée tandis que l’amphore grecque se maintient jusqu’au bout sur son piédestal. En équilibre sur un pied, la « statue vivante », il entame l’air d’Henry Purcell, O solitude, my sweetest... Du ciel descend une énième banderole, « C’est dans les vieux pots que l’on fait les meilleurs soupes » puis à la fin de la performance-spectacle descend une banderole « Non, je ne regrette rien ». Le rideau de fer descend avec une dernière sentence définitive, « Rien de rien ». La bande son est réalisé par le compositeur « post-saturationniste », Laurent Durupt qui a probablement rencontré à la Villa Médicis, Théo Mercier puisqu’ils ont été durant la même période pensionnaire des lieux.

Théo Mercier et Laurent Durupt font la peau du futur
Théo Mercier et Laurent Durupt font la peau du futur
Théo Mercier et Laurent Durupt font la peau du futur
Théo Mercier et Laurent Durupt font la peau du futur

Publié par Omer Corlaix à 17:39pm

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