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Musiques contemporaines XX & XXI

Musiques contemporaines XX & XXI

Chroniques de concerts,de festivals, d'événements, de livres, de disques et de DVD.

25 Février 2015

Une famille de fer par Philippe Boesmans

Photos d'Elisabeth Carrechio
Photos d'Elisabeth Carrechio

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Entretien avec Philippe Boesmans

Une famille de fer par Philippe Boesmans

Au monde de Philippe Boesmans à l’Opéra-comique, mardi. 24 février 2015 à 20 h

Hier soir, juste avant la représentation d’Au monde, son dernier opéra, j’ai rencontré le compositeur belge Philippe Boesmans. C’est un retour à la grande forme opératique. Au monde fut d’abord une pièce de théâtre de Joël Pommerat dans une mise en scène réalisée par lui-même au théâtre de l’Odéon en 2004. Celui-ci a retravaillé le texte pour Philippe Boesmans. L'opéra a été créé au Théâtre de la Monnaie en mars 2014. La famille d’Ori, le militaire de la famille, une sorte d’Helmut Berger en plus indécis mais sorti tout droit des Essenbeck des Damnés de Visconti. Le décor d’Eric Soyer est épuré, un cube noir, éclairé par de longues bandes étroites lumineuses. Philippe Sly en Ori reste énigmatique du début à la fin. La soprano Patricia Petibon domine vocalement la représentation, c’est une seconde sœur très entreprenante. On se dit intérieurement, « C’est elle qui aurait dû reprendre l’affaire ! », et non cet Ori. Ce dernier finira nécessairement sous la coupe du fils ainé, Werner Van Mechelen, une sorte de secrétaire général passe-muraille, et du beau-frère, le ténor Yann Beuron. Ce dernier parvient à s’imposer vocalement entre sa femme, la libertine Charlotte Hellekant et Patricia Petibon, ce n’était pas une mince affaire ! N’oublions pas, le père incarné magistralement par la basse norvégienne, Frode Olsen et les misères d’une fin de vie, trop longue.

La musique de Philippe Boesmans n’est pas d’avant-garde, elle est bluffante, elle réinvente Richard Strauss mais avec tous les atouts de la musique contemporaine. Il suffit d’écouter les interventions des deux flûtes pour mesurer le talent d'orchestrateur de Philippe Boesmans, ou les courtes incursions de l’accordéon en ouverture de My Way . C’est une musique fanée, collant à la dramaturgie. Patrick Davin, le chef d’orchestre, est un fin connaisseur de la musique de Boesmans. Il l’a mise en valeur avec toute l’onctuosité et la perversité qu’il faut. Le Philhar de Radio France s’est également plié au raffinement de cette « vicious music ». Très belle soirée lyrique, il reste encore deux dates, le 26 et le 27 février.

PS. Il vient de sortir chez Cyprès un enregistrement (CYP4643)

Publié par Omer Corlaix à 10:49am

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