Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Musiques contemporaines XX & XXI

Musiques contemporaines XX & XXI

Chroniques de concerts,de festivals, d'événements, de livres, de disques et de DVD.

29 Octobre 2018

@Editions_MF

Publié par Éditions MF à 15:51pm - Voir le commentaire ()

29 Octobre 2018

@ResMusica en parle du Jardin de l'écoute aux...

Publié par Éditions MF à 15:51pm - Voir le commentaire ()

29 Octobre 2018

Tapage nocturne (@francemusique) a reçu le 3...

Publié par Éditions MF à 15:39pm - Voir le commentaire ()

29 Octobre 2018

Première recension d’À bâtons rompus de...

Publié par Éditions MF à 11:25am - Voir le commentaire ()

23 Octobre 2018

Jacques Lenot, l'oiseau prophète, implore en pays d'Auch

Jacques Lenot, l'oiseau prophète, implore en pays d'Auch
Jacques Lenot, l'oiseau prophète, implore en pays d'Auch
Jacques Lenot, l'oiseau prophète, implore en pays d'Auch
Jacques Lenot, l'oiseau prophète, implore en pays d'Auch
Jacques Lenot, l'oiseau prophète, implore en pays d'Auch

Vendredi 5 et samedi 6 octobre 2018 à Auch

Vendredi 5 octobre à 19h, Espace Départemental d'Art contemporain Memento

Au pays impressionniste

Eric Charray, clarinette et Jacques Raynaut, piano

Claude Debussy : Pièce sans titre (pour l’œuvre du "Vêtement blessé"), 1915 ; Poissons d'or, pour piano (Images, 2° série), 1ère Rhapsodie pour clarinette et piano, 1910

Jacques Lenot : Sonum insuper immergentis audiri, création

Samedi 6 Octobre à 11 h, même lieu

Kirill Zvegintsov, piano

Jean-Sébastien Bach : Fantaisie chromatique et fugue en ré mineur  BWV  903

Jacques Lenot : Fantaisie pour piano, création

A 15h, même lieu

En pays symboliste

Rodolfo Montero, harpe et Lucie Durand-Coutelle, piano

Claude Debussy : Prélude à l'après-midi d'un faune (version flûte et piano) ; Et la lune descend sur le temple qui fut (Images, 2° série)

Jacques Lenot, Ces nymphes je les veux perpétuer, création

A 19 h, Cathédrale Sainte-Marie

Une grande fête baroque, Hommage à Heinrich Schütz

Angèle Dionneau-Kasser, orgue du chœur (A. Cavaillé-Coll) , Jean-Christophe Revel, grand orgue, Les musiciens du Parnasse-Auche en Gascogne et L'ensemble musiques présentes sous la direction de Daniel Dahl

Heinrich Schütz, Kleine geistlischer Konzerte

Jacques Lenot, Musikalische Exequien, création

Jean-Christophe Revel,   titulaire des  orgues de la Cathédrale d’Auch, a programmé un week-end Jacques Lenot autour de quatre créations mondiales, Sonum insuper immergentis audiri pour clarinette et piano, Fantaisie pour piano,  Ces nymphes, je les veux perpétuer pour flûte et piano, et une œuvre monumentale pour deux orgues et ensemble instrumental, Musikalisches Exequien. Ces quatre créations accompagnaient  la sortie d’un disque, les Frammenti intimissimi par le quatuor Tana (L’oiseau prophète, 2018).  Jacques Lenot est un compositeur qui a su accompagner dans la durée l’évolution de son art tout en ne subornant pas son processus de composition à  la commande d’État. C’est un des rares compositeurs français ayant su échapper à cette contrainte malthusienne du mécénat public. Convaincre, intéresser et passionner ses mécènes est un fait assez rare pour être noté.

 Né en 1945, Jacques Lenot a un catalogue musical très diversifié mêlant la musique d’orchestre aussi bien l’opéra, que la musique chambriste et soliste. C’est à l’âge de 22 ans qu’il se fait connaitre au Festival de Royan par Diaphanéis , une œuvre d’orchestre qui impressionna le compositeur Olivier Messiaen.  Les compositeurs italiens Sylvano Bussotti et Franco Donatoni lui transmirent la discipline sérielle et la souplesse du phrasé italien. Si Bussotti développa chez  lui la liberté expressive, l’imaginaire sonore, et  la capacité d’inventer la bonne forme, Franco Donatoni lui infusa la discipline harmonique et  l’art du développement musical. Parallèlement, son immense  culture littéraire et cinématographique  ont élargi sa sensibilité artistique. Pendant plus d’un demi-siècle, sa puissance créatrice n’a cessé de prendre de l’ampleur par-delà toute adversité. Jacques Lenot  est  aussi un découvreur de nouveaux talents musicaux. A l’occasion de ce week-end  auscitain, trois nouveaux musiciens rejoignent la galaxie de ses interprètes, le pianiste ukrainien Kirill Zevgintsov , la pianiste Lucie Durand-Coutelle et le flûtiste Rodolfo Montero.  

Le thème de ce week-end par-delà la présence de la musique de Claude Debussy dont on célèbre cette le centième anniversaire de sa disparition, et celle de Jean-Sébastien Bach notre prophète, fut  celui d’une «  musique pour un temps  fracassé ».  Cette tension, cette inquiétude  fut présente dans les quatre œuvres créées.  La première œuvre pour piano et clarinette, Sonum in super immergentis  audiri, sur une citation de l’historien Tacite réinventé par Châteaubriant dans le livre 4 de ses Mémoires d’Outre-Tombe : « À l’extrémité de notre hémisphère, on entend, dit Tacite, le bruit que fait le soleil en s’immergeant, sonum insuper immergentis audiri. »  Le pianiste Jacques Raynaut  et le clarinettiste Eric Charray sont des familiers de l’œuvre de Jacques Lenot, ils ont croisé les abysses sonores et la douceur mélancolique qui habite son œuvre, grâce à un jeu aux limites du possible instrumental pour la clarinette dans une harmonie toujours tendue. La Fantaisie pour piano qui ouvrait le marathon musical du samedi oppose les deux extrêmes de l’ambitus du piano, l’interprétation Kirill Zevgintsov fut large et virtuose, c’est une œuvre puissante, tellurique qui emporte tout. Elle laisse sans voix l’auditeur. Puis en ouverture de l’après-midi,  Ces nymphes, je les veux perpétuer  sur un vers  du poète  Stéphane Mallarmé extrait de L’Après-midi d’un faune sont les premiers mots du Faune. Ce duo pour flûte et piano est un non dialogue grevé de silence. La puissance du piano de Lucie Durand-Coutelle oppose une non-réponse à la volubilité charnelle de la flûte de Rodolfo Montero. Deux entités au bord du gouffre, un théâtre dos à dos. Après ses trois concerts à l’Espace Départemental d’Art contemporain Memento, le week-end s’est conclu  par un concert à  la Cathédrale Sainte-Marie d'Auch. Après une présentation des deux orgues,   en premier lieu du petit orgue Cavaillé-Coll de 1859  juché  sur le jubé dans le chœur de la cathédrale, aux jeux complexes, touts en demie-teintes par Jean-Christophe Revel puis du grand orgue au grand jeux à la française réalisé par le facteur Jean de Joyeuse en 1694, et maintes fois transformé au fil du temps. Celui-ci a retrouvé sa sonorité originelle dans l'atelier du facteur d’orgue  Jean-François Muno, présent pour l’occasion du concert. L’œuvre de Jacques Lenot est dans la filiation du Tombeau  à Henri Ledroit, en hommage au contre-ténor disparu prématurément en 1988. Musikalische Exequien  pour deux orgues et douze instruments, quintette à corde et un ensemble de vents par un (Flûte, Hautbois, clarinette, contrebasson, cor, trompette et trombone basse) a été composée après les attentats  parisiens de novembre 2015. La référence baroque est évidente, elle reprend le titre de la « messe des morts »  d’Heinrich Schütz. L’œuvre parvient à équilibrer les deux orgues et l’ensemble instrumental, c’est une œuvre polychorale traversée par un soliloque mystérieux de l’orgue  « fracturé de silence ». Longue méditation qui n'est pas sans rappeler la voix de l’Ecclésiaste ou celle de Jérémie !  Intensité dramatique, puissance vertigineuse des moments solistes, une mélodie obsessive, une litanie déclamée d’un instrument à l’autre, d’une registration à l’autre. On perçoit une immense spirale sonore se déployant dans tous les interstices de la cathédrale. L'articulation entre les deux orgues est très soignée. Le Cavaillé-Coll sous les doigts d'Angèle Dionnau-Kasser devient un synthétiseur aux mixtures inouïes tandis que le grand orgue sous l'impulsion de Jean-Christophe Revel crie, rugit,  implore l'infini ! C'est la voix épuisée d'un Jean de Patmos aux frontières de l’Apocalypse, de la révélation de la puissance du mal.

C’est probablement une des œuvres, une des architectoniques sonores, les mieux abouties de Jacques Lenot.  Il y a une congruence entre l'espace de la cathédrale et la musique, celle-ci fait corps sonore avec le bâti, le temps devient espace. On retrouve une tension intérieure qui n’est pas sans évoquer un autre chef-d’œuvre composé dans l'urgence, Rituel in memoriam Bruno Maderna de Pierre Boulez.  Jacques Lenot est un rhétoriqueur au sens d'Agrippa d'Aubigné, la musique doit se confronter au tragique, dire le monde, le transmuer.

Le week-end musical de Jacques Lenot fut une méditation sur une époque qui se cherche, aux signes inquiétants.

Publié par Omer Corlaix à 22:00pm - Voir le commentaire ()

23 Octobre 2018

La librairie Planète Io (Rennes) a invité...

Publié par Éditions MF à 14:08pm - Voir le commentaire ()

23 Octobre 2018

Très belle recension de Julien Labia pour la...

Publié par Éditions MF à 10:40am - Voir le commentaire ()

23 Octobre 2018

Très belle recension de David Christoffel pour...

Publié par Éditions MF à 10:25am - Voir le commentaire ()

21 Octobre 2018

Très belle récession de L'Oreille divisée de...

Publié par Éditions MF à 02:12am - Voir le commentaire ()

16 Octobre 2018

RT @stephanegrant: Concert : "70 ans de la musique...

Publié par Éditions MF à 22:37pm - Voir le commentaire ()