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Musiques contemporaines XX & XXI

Musiques contemporaines XX & XXI

Chroniques de concerts,de festivals, d'événements, de livres, de disques et de DVD.

24 Juin 2019

Koma de Georg Friedrich Haas : le spectre hante toujours l'Opéra de Dijon

crédit photos : Gilles Abbeg
crédit photos : Gilles Abbeg
crédit photos : Gilles Abbeg
crédit photos : Gilles Abbeg
crédit photos : Gilles Abbeg

crédit photos : Gilles Abbeg

Koma

Opéra de Dijon à l’Auditorium, samedi 15 juin à 20 h

Georg Friedrich Haas (Compositeur)

 Händl Klaus (livret)

Kärntner Sinfonie Orchester, Bas Wiegers (dir.)

Immo Karaman (mise en scène)

Nicola Reichert (scénographie et costumes),  Laszló Zsolt Bordos (projection vidéo)

Distribution : Ruth Weber (Michaela, soprano) ; Stefan Zenkl ( Michael, son mari, baryton-basse) ; Bryony Dwyer  (Jasmin, sa sœur, soprano) ; Daniel Gloger  (Alexander, marin de Jasmin, baryton  et la Mère, contreténor) 

Rôles parlés : 2 médecins, 3 infirmiers  et un rôle muet : Barbara, la fille de Michaela et de Michael.

 

Á la qualité supposer qu’on doute de la qualité acoustique de l’Auditorium de Dijon, la création française de l’opéra Koma de Georg Friedrich Haas nous rassurerait. Nous sommes en présence  d’une des plus belles acoustiques françaises, ou du moins c’est l’acoustique idéale pour la musique contemporaine, laquelle exige souvent une parfaite fusion des timbres allant jusqu’à  la synthèse sonore,  et demandant un excellent rendu des attaquesinstrumentales.

Georg Friedrich Haas n’est pas un inconnu en France, il a été programmé  au festival d’Automne en 2003 avec Nature mortes,  à la Philharmonie de Paris, puis en juin 2008 à  l’Opéra de Paris au Palais Garnier à l’invitation de Gérard Mortier son opéra Melancholia (adapté de la pièce de Jon Fosse) fut créé. En novembre 2017,  l’Ensemble Intercontemporain a donné  en première française son chef-d’œuvre  In Vain. Cette création française de Koma,  était d’actualité puisque le Festival Manifeste de juin 2019 venait de conclure la veille un colloque sur le «  spectralisme ».

Le spectralisme à la française est lié par son histoire à l’approche micro-tonale d’un Giacinto Scelsi ou d’un Ivan Wyschenegradsky et sa loi de pansonorité : diviser le ton jusqu’au continuum sonore.  Cette approche fait émerger un nouvel horizon d’écoute. Ce processus est à mettre en relation avec la raison occidentale qui, de l’atome est passé aux particules élémentaires voire au boson de X aujourd’hui.  L’autre élément important dans l’œuvre de Georg Friedrich  Hass est la lumière ou plus exactement l’absence de lumière, la quête du noir total, un défi pour nos théâtres et nos salles de concert où le noir est parasité par les lumières de sécurité. 

L’histoire peut se résumer ainsi : Michaela se retrouve dans une chambre d’hôpital entourée de sa fille Barbara mutique, de son mari, de sa sœur et du mari de celle-ci, et de deux médecins, de 3 infirmiers. Michaela  a été recueillie à bout de force sur le ponton de leur résidence par sa fille après  avoir nagé  en hiver dans un lac.  Elle est tombée dans un coma vigil, elle est dans un état de conscience minimale. Le corps médical essaie de lui faire reprendre conscience en mimant une nage,  de remettre son corps en mouvement, le faire sortir de son état végétatif.  Ses proches à son chevet évoquent  des moments ayant marqué leur vie commune.  Le spectacle est dans le noir profond évoquant le coma de Michaela coupé  par de brusques éclats de lumière révélant par intermittence l’action scénique. Le chant Michaela surgit derrière nous comme venant du lointain.  Le style vocal est proche du madrigal à cinq voix d’un Gesualdo soutenu par des récitatifs,  et de courtes séquences parlées.  L’orchestre a une forte assise dans les graves, ainsi la section des cordes  graves est accentuées par les 4 violoncelles, 3 contrebasses et les deux altos vis-à-vis des 3 violons, de même pour les vents de l’orchestre. On est proche de l’orchestration défective de Giacinto Scelsi.  Le piano et le glockenspiel  apportent une fluidité mélodique à l’ensemble tandis que l’accordéon coagule les trames sonores, donnant de  la plasticité à la matière sonore colorée par la percussion. Le spectre sonore  est ample, il va de la flûte piccolo au grave extrême de la contrebasse.   Les musiciens jouent presque tout le temps dans le noir, par conséquent de mémoire !

Le résultat musical est d’une beauté glaçante, la musique Georg Friedrich Haas faite de gammes, d’accélérations et de ralentissements,  a sur l’auditeur un effet  hypnotique.  La vocalité de Hass doit beaucoup à l’opéra traditionnel chinois. La direction de Bas Wieger réussit  à tenir la tension sonore  de bout en bout, grâce aux solistes du Kärntner Sinfonie Orchester et aux chanteurs. Il faut espérer que l’œuvre sera reprise par une autre scène lyrique française.

On aime le risque  à l’Opéra de Dijon mais n’est-ce pas aussi l’objectif d’une direction artistique conséquente de faire découvrir toutes les facettes de l’opéra de la création contemporaine à  l’Âge Baroque, ainsi que l’illustre le Grand Prix de la critique récompensant la meilleure coproduction européenne de l'année 2019 des Boréades de Jean-Philippe Rameau  dirigé par Emmanuelle Haïm. Est-ce à dire que l’Opéra Dijon reste fidèle au spectre par-delà les siècles ?

Un en enregistrment Koma de Georg Friedrich Hass

Publié par Omer Corlaix à 16:38pm - Voir le commentaire ()

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