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Musiques contemporaines XX & XXI

Musiques contemporaines XX & XXI

Chroniques de concerts,de festivals, d'événements, de livres, de disques et de DVD.

9 Mars 2022

ROGER TESSIER, LE BON SAMARITAIN SPECTRAL

Le compositeur Roger Tessier évoque la Révolution spectrale.

Comment est née l'Ensemble L'Itinéraire par Roger Tessier.

Roger Tessier donne quelques clefs d'écoute de son double CD

ROGER TESSIER, LE BON SAMARITAIN SPECTRAL
ROGER TESSIER, LE BON SAMARITAIN SPECTRAL
ROGER TESSIER, LE BON SAMARITAIN SPECTRAL
ROGER TESSIER, LE BON SAMARITAIN SPECTRAL
ROGER TESSIER, LE BON SAMARITAIN SPECTRAL
ROGER TESSIER, LE BON SAMARITAIN SPECTRAL
ROGER TESSIER, LE BON SAMARITAIN SPECTRAL
ROGER TESSIER, LE BON SAMARITAIN SPECTRAL

Nous avons rencontré le compositeur Roger Tessier (*1939) aux Douches le 9 février à l'occasion de la sortie de son double CD Un itinéraire de 1966 à 2021 produit par le label Syram, le lendemain de l'ouverture du Festivales Présences à la Maison de la Radio et de la Musique consacré à un compositeur phare du courant spectral, le compositeur Tristan Murail cofondateur avec Gérard Tessier de l'Ensemble L'Itinéraire en 1973. Dans l'entretien est évoquée la création mondiale de La Horde d'après Max Ernst  du compositeur Hugues Dufourt qui a marqué les esprits ce soir là. Nous évoquons aussi Véga, une œuvre qui fut créée lors du premier concert de L'Itinéraire sous la voûte du Planétarium du Palais de la découverte le mardi 22 mai 1973, et elle était reprise par L'Itinéraire au Festival Présences 2022.

Il comprend 3 parties.

1) Quid du spectralisme

2) Naissance de L'Itinéraire

3) Un itinéraire de 1966 à 2921, double CD Syram

Publié par Omer Corlaix à 18:27pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #Musique contemporaine

3 Janvier 2022

La compositrice Gabriela Ortiz, un autre son de cloche !

Entretien avec la compositrice mexicaine Gabriela Ortiz traduit par Rebeca Martinez

Entretien avec la cheffe Simone Menezes et le pianiste, soliste du concert Simon Graichy

Crédit Laurent Guizard et OC : Gabriela Orty, Simone Menez, Simon Graichy  et le chef d'attaque, le premier violon Fabien Boudot
Crédit Laurent Guizard et OC : Gabriela Orty, Simone Menez, Simon Graichy  et le chef d'attaque, le premier violon Fabien Boudot
Crédit Laurent Guizard et OC : Gabriela Orty, Simone Menez, Simon Graichy  et le chef d'attaque, le premier violon Fabien Boudot
Crédit Laurent Guizard et OC : Gabriela Orty, Simone Menez, Simon Graichy  et le chef d'attaque, le premier violon Fabien Boudot
Crédit Laurent Guizard et OC : Gabriela Orty, Simone Menez, Simon Graichy  et le chef d'attaque, le premier violon Fabien Boudot
Crédit Laurent Guizard et OC : Gabriela Orty, Simone Menez, Simon Graichy  et le chef d'attaque, le premier violon Fabien Boudot
Crédit Laurent Guizard et OC : Gabriela Orty, Simone Menez, Simon Graichy  et le chef d'attaque, le premier violon Fabien Boudot
Crédit Laurent Guizard et OC : Gabriela Orty, Simone Menez, Simon Graichy  et le chef d'attaque, le premier violon Fabien Boudot
Crédit Laurent Guizard et OC : Gabriela Orty, Simone Menez, Simon Graichy  et le chef d'attaque, le premier violon Fabien Boudot

Crédit Laurent Guizard et OC : Gabriela Orty, Simone Menez, Simon Graichy et le chef d'attaque, le premier violon Fabien Boudot

Rennes, Couvent des Jacobins
Mercredi 15 et 16 décembre 2021 à 20 h
¡Celebraçion!
  • Esteban Benzecry - Obertura Tanguera, hommage à Astor Piazzolla
  • Heitor Villa-Lobos - Prélude Bacchianas brasileiras n°4, A424
  • Ernesto Lecuona - Rapsódia negra
  • Gabriela Ortiz - Fractalis, concerto pour piano (création mondiale)
  • Alberto Ginastera - Suite Estancia, Op.8a
  • Arturo Marquez - Danzón n°2

    Par l'Orchestre National de Bretagne, dirigé par Simone Menezes et au piano, le virtuose Simon Ghraichy

    Nous avons assisté aux répétitions de l'Orchestre National de Bretagne, des 13 et 14 décembre 2021, au Couvent des Jacobins à Rennes, où l'ONB est en résidence. Nous avons rencontré la compositrice mexicaine, Gabriela Ortiz et ses interprètes, le pianiste Simon Graichy et la cheffe d'orchestre, Simone Menezes. Expérience unique, quand il s'agit de découvrir intimement la vie d'un orchestre en répétition. On peut mesurer la place essentielle, et le professionnalisme du premier violon et chef d'attaque, Fabien Boudot. La compositrice mexicaine Gabriela Ortiz, invitée à Rennes pour la création mondiale de son concerto, Fractalis, une forte personnalité n'ayant pas pour habitude de mâcher ses mots, ni de mettre ses idées sous un mouchoir. Elle nous livre une vision décapante de la musique contemporaine européenne, vue du Mexique. On peut entendre dans l'entretien des échos de sa "Master class".

    Fractalis, son concerto pouvant apparaître comme un manifeste où se mêle la tradition latine européenne et les rythmes afro-caribéens. Le pianiste Simon Ghraichy s'est révélé, pendant toutes les répétitions, un artiste à l'aise avec ses deux partenaires, toujours à l'écoute de l'une et de l'autre, des musiciens de l'ONB également. Simone Menezes prête toute son attention à l'orchestre, son geste est sûr, elle maîtrise jusqu'à la dernière minute le temps de répétition imparti, pour mettre en place le plus précisément possible un programme musical aussi divers. On ne déborde pas le temps des répétitions, le régisseur n'est pas loin, s'il y avait lieu de prévenir la cheffe ! Iel doit savoir faire de la contrainte, "mauvaise fortune bon cœur", iel est un peu le Jedi de la musique ! À bon entendeur salut ! Le meilleur est pour le concert, c'est sa magie !

     

Publié par Omer Corlaix à 11:46am - Voir le commentaire ()

19 Avril 2021

Philippe Hattat affronte la "Danse de mort" d'Olivier Greif au 25ème Festival de Pâques de Deauville

Philippe Hattat entretien avec Omer Corlaix, on clique.

Philippe Hattat affronte la "Danse de mort" d'Olivier Greif au 25ème Festival de Pâques de Deauville
Philippe Hattat affronte la "Danse de mort" d'Olivier Greif au 25ème Festival de Pâques de Deauville
Philippe Hattat affronte la "Danse de mort" d'Olivier Greif au 25ème Festival de Pâques de Deauville
Philippe Hattat affronte la "Danse de mort" d'Olivier Greif au 25ème Festival de Pâques de Deauville
Philippe Hattat affronte la "Danse de mort" d'Olivier Greif au 25ème Festival de Pâques de Deauville
Philippe Hattat affronte la "Danse de mort" d'Olivier Greif au 25ème Festival de Pâques de Deauville

Le pianiste Philippe Hattat (*1993) est l'invité du Festival de Pâques de Deauville, il est un des pianistes qui se sont imposés dans le répertoire de la musique contemporaine. Après ses études au Conservatoire de Paris, le CNSDP, il a commencé par collationner les titres ainsi il est lauréat du concours international de piano Claude Bonneton de Sète 2010 (1er prix et prix du public), du concours international de piano d’Orléans 2016 (prix mention spéciale Ricardo Viñes, prix mention spéciale Alberto Ginastera, et prix de composition André Chevillon Yvonne Bonnaud) et du concours international Giorgio Cambissa 2016.

Pour les vingt ans de la disparition du compositeur Olivier Greif (1950-2000), il participe en 2020 à la monographie que lui consacre B-Records.

Il est l'invité du concert du 25ème  Festival de Pâques de Deauville du 1er mai 2021 où il interprétera le Quadruple concerto, "Danse de mort" d'Olivier Greif sous la direction musicale de Pierre Dumoussaud.  Le concert sera retransmis sur Facebook et France musique à 20 h 30.

Nous avons réalisé un entretien dans ce lieu mythique de la photo, les Douches, où il retrace son parcours et sa passion pour le piano, la composition et la linguistique.

Publié par Omer Corlaix à 16:31pm - Voir le commentaire ()

15 Avril 2021

Pelléas et Mélisande, une renaissance de l’art lyrique aux confins du mystère

Golaud (Alexandre Duhamel) & Mélisande ( Vannina Santoni), Golaud (Alexandre Duhamel) & Yniold (Hadrien Joubert), Pelléas (Julien Behr) & Mélisande (Vannina Santoni)   pelleas&melisande©Frederic Iovino
Golaud (Alexandre Duhamel) & Mélisande ( Vannina Santoni), Golaud (Alexandre Duhamel) & Yniold (Hadrien Joubert), Pelléas (Julien Behr) & Mélisande (Vannina Santoni)   pelleas&melisande©Frederic Iovino
Golaud (Alexandre Duhamel) & Mélisande ( Vannina Santoni), Golaud (Alexandre Duhamel) & Yniold (Hadrien Joubert), Pelléas (Julien Behr) & Mélisande (Vannina Santoni)   pelleas&melisande©Frederic Iovino

Golaud (Alexandre Duhamel) & Mélisande ( Vannina Santoni), Golaud (Alexandre Duhamel) & Yniold (Hadrien Joubert), Pelléas (Julien Behr) & Mélisande (Vannina Santoni) pelleas&melisande©Frederic Iovino

Pelléas et Mélisande

Représentation du Samedi 20 mars 2022

Opéra en 5 actes de Claude Debussy (1862–1918), livret de Maurice Maeterlinck

Direction musicale François-Xavier Roth

Mise en scène et scénographie Daniel Jeanneteau ; Collaboratrice artistique et lumières Marie-Christine Soma

Pelléas : Julien Behr, Mélisande : Vannina Santoni, Golaud : Alexandre Duhamel, Geneviève : Marie-Ange Todorovitch, Arkel : Jean Teitgen, Yniold : Hadrien Joubert de la Maîtrise de Caen… et al.

Choeur de l’Opéra de Lille ; Orchestre Les Siècles

 

De nos trois mythes opératiques nationaux, Faust, Carmen, et enfin Pelléas et Mélisande, ce dernier opéra reste le plus complexe déchiffré. Le poète-dramaturge, Maurice Maeterlinck, laisse tout en suspens… Est-ce la folie paranoïaque de Golaud dans sa quête de vérité, son « point aveugle » ou la découverte du désir amoureux de Pelléas et Mélidande. Claude Debussy ne tranche pas, il accompagne musicalement la prosodie du drame, on est à la frontière de la musique de scène ou d’un film muet à venir.

C’est un anti-opéra, l’air s’est dissous dans le récitatif. Si Debussy dialogue avec l’héritage wagnérien tout en s’opposant à l’expressionnisme flamboyant de son contemporain, Richard Strauss. C’est l’opéra de la fragilité, si on compare le couple d’Oreste et Electre dans Elektra à celui de Pelléas et Mélisande, dix ans les séparent. Hugo von Hofmannsthal et Maurice Maeterlinck sont les deux figures de proue du symbolisme littéraire européen.

Esthétique du Théâtre Antoine révolutionne l'art de la scéne au seuil du XXe siècle, Pelléas et Mélisande préfigure le théâtre d’un Samuel Beckett des années 1950, un théâtre de l’incommunicabilité, soit sous le mode du silence, de l’aphasie ou encore de la logorrhée, que l’on remarque chez un Harold Pinter dans les années 1970 ou un Thomas Bernhard dans les années 1980. C’est un théâtre suspendu, indécis où le sens de l'histoire, du récit ne vont plus de soi, le temps des horizons obscures.

Choisir comme metteur en scène Daniel Jaenneteau, le directeur du CDN de Gennevilliers, T2G, s’avère un très bon choix, il s’était déjà confronté à la mise en scène lyrique. Chacun sait que l’opéra est un ogre vorace où beaucoup de metteurs en scène laissent des plumes, voire s’y noient.  Pour votre gouverne, j’ai pu voir sa création de la première œuvre lyrique de George Benjamin, Into the Little Hill (2006) d’après un livret du dramaturge anglais, Martin Crimp, opéra produit par le Festival d’Automne, mais aussi un opéra parlé Les Aveugles de Maeterlinck au T2G ; si la première scénographie jouait sur une lumière aveuglante et tranchante, la seconde œuvre était baignée dans un halo de lumière, enveloppé dans une brume de théâtre, la troisième intervention de Daniel Jeanneteau  fut à l’Opéra de Lille, une version chambriste du Nain (Der Zwerg) d’Alexander Zemlinsky, laquelle aura fait date.

Cette nouvelle version de Pelléas et Mélisande avec l’orchestre Les siècles, dirigé avec flamboyance par François-Xavier Roth, faisait contraste avec le dépouillement de la mise en scène de Daniel Jeanneteau, peu d’éléments de décor, si ce n’est la fontaine stylisée à la manière de l’artiste indien Anish Kapoor, en gouffre de lumières, sans toutefois la brillance chromées des sculptures. Contrairement à la façon de Pierre Boulez (version préraphaélique de Peter Stein, Théâtre musical du Chatelet, 1992) ciselant les scènes via les interludes musicaux transformés en petites boites à musiques à la mécanique parfaite, François-Xavier préfère mettre en avant le lyrisme et la continuité musicale du drame, renforçant ainsi sa dimension oppressive, retenant néanmoins l’énergie orchestrale. Les cordes sont confinés dans la fosse de scène alors que les vents se déploient sur le parterre, leur donnant une couleur éclatante des dynamiques moins étouffée qu'habituellement. La couleur orchestrale, plus chaude, moins lumineuse des bassons français donne un ton lunaire au drame. Si le couple Pelléas (Julien Behr, ténor) et Mélisande (Vannina Santoni, soprano), forme un couple découvrant comme deux adolescents leur désir mutuel sans cesse empêché, Golaud, l'autre protagoniste est porté par les dynamiques vocaux puissants du baryton Alexandre Duhamel, pousse aux confins de la folie, la quête de la vérité (de l’aveu) du désir consommé jusqu’à l'ultime souffle de Mélisande. Ainsi l’interrogatoire du petit Yniold (Hadrien Joubert) par Golaud sous la fenêtre de Mélisande de la scène 4 de l’Acte 3, est poussé à son paroxysme de violence, du supportable pour le spectateur. Daniel Jeanneteau ne tranche pas, il suit phrase à phrase les méandres du texte, laisse en suspens, ne force pas le trait, fidèle à Maeterlinck. La distribution vocale conserve pendant toute la représentation sa force de collectif - seul bémol, on eût aimé une voix plus tenue pour Pelléas, cette ambiguïté a néanmoins son charme, point trop n’en faire, peut-être ! Geneviève n’est pas Jocelyne Taillon, de même Jean Teitgen dans Arkel, n’a ni la ligne de chant ni la beauté du timbre de Roger Soyer dans la mise en scène de Jorge Lavelli à l’Opéra de Paris en 1977, qui fit date, mais il a une simplicité attachante. C’est une mise en scène moins hiératique, plus mobile, plus réactive, plus humaine pour tout dire que nous propose Daniel Jeanneteau. Le soir de la première un grand frisson traversa la salle, est-ce une renaissance de l’art lyrique aux confins du mystère ?

En cette période de mise à l'arrêt du spectacle vivant pour cause de pandémie, il est utile de rappeler que l’Opéra de Lille sous la direction artistique depuis 2003 de Caroline Sonrier est en France, un des deux premiers lieux lyriques expérimentaux du point de vue de la création musicale contemporaine, avec son confrère parisien, Patrice Martinet directeur du théâtre de l’Athénée Louis-Jouvet ! Deux lieux nécessaires et vitaux pour les artistes et les spectateurs exigeants !

La production sera reprise en 2022

Publié par Omer Corlaix à 14:32pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #Musique contemporaine , #musique , #Opéra

22 Octobre 2020

Görge le rêveur, un opéra Mitteleuropa à l'Opéra de Dijon

DR Opéra de Dijon
DR Opéra de Dijon
DR Opéra de Dijon
DR Opéra de Dijon
DR Opéra de Dijon
DR Opéra de Dijon

DR Opéra de Dijon

Görge le rêveur [Der Traumgörge]

Musique Alexander von Zemlinsky et Livret : Leo Feld

Réduction : Jan-Benjamin Homolka

Direction musicale : Marta Gardolińska

Mise en scène : Laurent Delvert

Orchestre de l’Opéra national de Lorraine, Chœurs de l’Opéra national de Lorraine et de l’Opéra de Dijon, Anass Ismat et Guillaume Fauchère, chefs de chœur

Décors : Philippine Ordinaire ; costumes : Petra Reinhardt ; les lumières : Nathalie Perrier ; chorégraphie : Nathalie Perrier

Flaminia Hohenzollern : Görge, T ; Daniel : Brenna ; Gertraud/Princesse, S : Helena Juntunen ; Grete, S : Susanna Hurrell ; Le Meunier, B : Andrew Greenan ; Le Pasteur, B / Matthes : Igor Gnidii ; Hans, Bar : Allen Boxer ; Züngl, T : Alexander Sprague ; Kaspar, Bar : Wieland Satter ; Marei, S : Aurelie Jarjaye ; L'Aubergiste, T : Kaëlig Boché ; La Femme de l’aubergiste, S : Amandine Ammirati… [et al.]

Görge le rêveur [Der Traumgörge], qu’Alexander von Zemlinsky composa à l’âge de trente-cinq ans est un opéra mal-aimé, il faut attendre l’année 1980 pour que l’opéra soit monté soixante-quatorze ans plus tard à l’Opéra d’État de Nuremberg. L’opéra fut conçu au départ pour l’Opéra de Vienne mais Gustav Mahler en conflit avec l’institution ne parvient pas à le programmer avant son départ.  Zemlinsky décède en 1942 à New-York  d’une pneumonie à l’âge de quatre-vingt ans. Les deux conflits mondiaux l’effacèrent du répertoire des salles lyriques, il fallut un regain d’intérêt pour la culture de la Mitteleuropa avec la redécouverte de l’œuvre de  Stefan Zweig et du proto-sérialisme. L’Opéra de Dijon après l’Opéra de Nancy nous propose une version chambriste pour 31 musiciens dans la tradition de La Société d'exécutions musicales privées, crééepar son beau-frère Arnold Schoenberg. Cette version est réalisée par le compositeur Jan-Benjamin Homolka, on lui doit une très belle version du Nain (Zwerg) du même Zemlinsky présenté à l’Opéra de Lille en 2017.

Résumer l’opéra est malaisé, Göre, le héros de l’opéra aime les contes dans la tradition des frères Grimm ou de Clemens Brentano, voire ceux d’E-T-A Hoffmann.  Zemlinsky et son librettiste Leo Feld évoquent plus particulièrement le roman autobiographique inachevé d’Hoffmann, Le Chat Muur entremêlé de pages arrachées au compositeur Johannès Kreisler. L’autre source de l’œuvre est un roman d’Hermann Sudermann, Les Chemins du chat publié en 1890 que je n’ai pas lu.

Göre est en quête de la femme idéale, l’opéra commence par un premier échec, ses fiançailles avec Grete sont rompues en raison du retour d’Hans son village. Il vient d’être démobilisé après les défaites autrichiennes face aux armées napoléoniennes. Nous comprenons vite qu’il est toujours l’amoureux de cœur de Grete.  L’action balance entre le rêve extatique et le vérisme naturaliste, Grete choisit le réel. Göre se cloître dans un imaginaire de féérie, ainsi sa rencontre avec la Princesse à la scène 6 concluant le premier acte. Celle-ci préfigure l’issue finale de l’opéra.  On retrouve son orchestration immersive et cristalline, les instruments fusionnent en un seul son. Á la question de la Princesse «  Le Monde, le monde. Connais-Tu le monde ? », Göre répond «  Oh ! Je veux aller dans ton monde, dans le vaste monde ! »

L’acte deux est tout autre,  le chœur du village se retrouve au premier plan, la révolte gronde. Le climat orchestral est tout autre, déchiré, chahuté. « La nation ! » est le mot d’ordre des bourgeois, «  L’égalité, la fin des privilèges féodaux ! » celui de Kaspar, ici interprété par le baryton, Wielland Satter, une voix égale et puissante qui passe la rampe, c’est une difficulté de la scène de Dijon, trop vaste pour l’opéra de chambre, il faut des voix puissantes. Görge a encore l’aura du beau parleur, il pourrait être le  porte-parole des paysans, mais il est en ménage avec Marei qui travaille à l’auberge,  et il entame une liaison avec Gertraud, une réincarnation de la Princesse rêvée (Mahler pensait faire tenir le rôle par la même soprano). Il rejette la proposition tribunicienne du village préférant, «  rêver et jouer ! » avec Gertraud, même si l’orchestre se conclut sur « la joie de vivre », un son pianissimo morendo des cordes graves semble dire le contraire.

Le ténor Daniel Brenna dans le rôle de Görge porte sur ses épaules l’opéra, il est présent durant presque toute la représentation, il doit maintenir sa voix dans l’ambitus élevé de sa tessiture, celle-ci demeurant aérienne, dans un climat de rêveur éveillé. C’est une folie musicale mais il y parvient grâce à sa maitrise du chant wagnérien. Le rôle de la Princesse et celui de Gertraud ne demandent pas un tel effort vocal, la soprano Helena Juntanen  illumine de son incandescence la scène finale un peu comme le fit Richard Strauss dans certains de ses opéras, tel le final du Chevalier à la rose ou bien d'Arabella. Le chœur de l’opéra est à son affaire, les scènes de village et d’auberge sont vivantes, bien caractérisées. La direction musicale de Marta Gardolińska résout avec maestria le paradoxe d’une musique toujours en apesanteur semblant voguer vers un ailleurs et les moments plus terre à terre où les polyphonies vocales et instrumentales des villageois ont le dessus. Göre le rêveur est un opéra tendu entre lyrisme wagnérien et vérisme italien, un opéra Mitteleuropa !  

On pourra entendre sur la chaine France Musique le samedi 7 novembre à 20 h  dans l'émission « Samedi à l'Opéra ».

Publié par Omer Corlaix à 18:07pm - Voir le commentaire ()

21 Octobre 2020

Benjamin Dupé à la rencontre de Vivian Maier

Benjamin Dupé à la rencontre de Vivian Maier
Benjamin Dupé à la rencontre de Vivian Maier
Théâtre de Caen, mardi 13 octobre 2020

Benjamin Dupé, Vivian : clicks and pics

Guillaume Poix, librettiste

Benjamin Dupé, compositeur, conception et direction artistique, et projection sonore ; Olivier Thomas, dispositif scénique ; Christophe Forey, lumière 

Léa Trommenschlager, soprano ; Caroline Cren, piano ; Agnès Mellon, comédienne-photographe

Benjamin Dupé s’affronte avec son librettiste Guillaume Poix à un nouveau mythe photographique Vivian Maier sous la forme d’un monodrame lyrique. L’œuvre est portée par une soprano Léa Trommenschlager ayant une maitrise de la voix parlée et chantée donnant corps à la présence-absence de la photographe. Le décor et la mise en scène évitent la surcharge de sens et la grandiloquence expressive. La pianiste Caroline Cren apporte le reflet musicale nécessaire à cette épure.  Cet « art moyen », la photographie pour reprendre le célèbre titre d’un ouvrage des sociologues Luc Boltanski et Pierre Bourdieu passe la scène, de médium il devient sujet d’opéra.  Nous avons rencontré Benjamin Dupé dans un café caennais.

En Tournée :

Valence, Drôme, Lux scène nationale, 24 novembre 2020, 20h

Marseille, Théâtre des Bernardines , 01 – 05 décembre 2020

Gradignan, Théâtre des Quatre Saisons, 14 janvier 2021, 20h15

Gap, La Passerelle - Scène Nationale,1 et 2 avril 2021, 19 h.

Clermont-Ferrand, La Comédie de Clermont - Scène Nationale - Salle des possibles, Du mardi 11 mai 2021 au mercredi 12 mai 2021 à 20:30

Publié par Omer Corlaix à 21:52pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #Musique contemporaine

22 Juillet 2020

David Jisse (1946-2020). Voix intime à l’extension du domaine de la vie musicale

David Jisse (1946-2020). Voix intime à l’extension du domaine de la vie musicale

Le compositeur David Jisse nous a quittés samedi soir 19 juillet 2020, il a fait partie de la Commission musique contemporaine de l’Académie Charles Cros. La diversité de ses approches de la musique en a fait un des meilleurs experts. Il a été producteur de radio sur France Musique et France culture, chroniqueur, compositeur, arrangeur, chanteur et guitariste mais aussi directeur de la Muse en circuit, président du CDMC et membre fondateur de Fondateur du réseau Futurs-composés…

Le duo musical qu’il crée en 1968  avec la chanteuse Dominique Marge, « David et Dominique » débute son cursus honorum musical, le coffret réalisé par Frémaux et associés en porte encore témoignage. David Jisse brise le plafond de verre auquel tout artiste s’affronte à ses débuts, en interprétant en français la fameuse mélodie du chanteur et guitariste kabyle, Idir, disparu en mai dernier. A vava inouva dans son adaptation française pour Pathé est une réécriture par David Jisse et Georges Bignes,  Ouvre-moi vite la porte. Le dialogue entre un père et sa fille devient un duo d’amour à la française. On a d’emblée sa signature vocale, une voix douce, mélodieuse, peu timbrée susurrant légèrement son chant à sa partenaire. Cette empreinte vocale accompagne David Jisse toute sa vie sur scène comme à la radio.

Si on doit résumer son approche artistique, elle est donnée en ouverture de son site « auteur, compositeur et interprète », à partir de là toute sa vie artistique va se décliner, il faudrait aussi compléter avec le concept de « radiologue » car la « radiologie »musicale est présente tout au long de sa vie. Sa muse fut la radio ! Le lecteur de contes pour enfants qu’il fut aussi, rencontre le compositeur Luc Ferrari, son second tournant de sa vie artistique au milieu des années quatre-vingts. Luc Ferrari (1929-2005), pianiste et compositeur fut un moderne, il s’ouvrit à la musique contemporaine par la musique sérielle, il devint pleinement compositeur grâce à la musique concrète de Pierre Schaeffer. D’une musique « médiée » par l’enregistrement, Luc Ferrari inventa le « Hörspiel » français plus musical que son ancêtre allemand. David Jisse qui avait le « micro dans l’oreille » va comprendre  immédiatement l’enjeu musical de cette révolution sonore, le microphone plus que sa guitare a été son instrument de musique.

En 1999, il succède à Luc Ferrari à la tête du Studio de composition électroacoustique et radiophonique, il devient ensuite un gestionnaire redoutable. Après maintes péripéties, il obtient en 2006 de haute lutte le label d'tat de Centre national de création musicale pour la Muse en circuit. Parallèlement il impose dans le paysage musical un festival où se croisent les musiques de création « L’extension du domaine de la note » reprenant le titre du roman de Houellebecque, L’extension  du domaine de la lutte. Pluridisciplinarité et hybridation des genres sont les clefs d’approche, le concert sous casque, sa marque de fabrique ! Toujours présente, cette idée de l’intime, de l’intimité, une voix comme chuchotée à l’oreille. 

La troisième parte de sa vie fut plus politique, plus militante, il devient comme on dit un des acteurs de la vie musicale, il préside  aux destinées du Centre de documentation de musique contemporaine jusqu’à sa fermeture au début 2020. Il participe en 2005 à la fondation de cette aventure collective qu’est encore aujourd’hui  le réseau Futurs composés lequel réunit l’ensemble des parties prenantes de la musique contemporaine.

Publié par Omer Corlaix à 10:40am - Voir le commentaire ()

1 Juillet 2020

Écouter : Métaclassique #74 – Sidérer : Stockhausen par Lambert Dousson

Écouter : Métaclassique #74 – Sidérer :  Stockhausen par Lambert Dousson

« La plus grande oeuvre d’art pour le cosmos tout entier ». C’est en ces termes que le compositeur allemand d’avant-garde Karlheinz Stockhausen (1928–2007) a qualifié l’attaque terroriste contre le World Trade Center le 11 septembre 2001. Au-delà de sa portée morale, cet essai philosophique montre la double vérité, artistique et politique, que renferme cette déclaration. La première a pour nom propre « malentendu », la seconde « sublime ». Le malentendu connecte les propos du compositeur à son esthétique et sa métaphysique : il questionne l’essence et la puissance de la musique.

Qu’est-ce qui fait art ? Qu’est-ce qui fait œuvre ? Que sont un matériau, un acte, une forme artistiques ? Comment une expérience vécue peut-elle constituer un matériau pour l’art, et devenir l’objet d’une écoute ? Et lorsque cette expérience est l’expériencede la violence, de l’horreur, de la guerre ? Quelle action, voire quelle violence la musique peut-elle exercer ? « Sublime » désigne pour sa part le type de rationalité esthétique qui définit la politique du 11 septembre. Car au-delà de l’abîme qui sépare politiquement une bande de criminels fanatiques et une démocratie libérale, c’est une même logique esthétique que partagent un chef d’État s’adressant à la nation américaine comme s’il était le héros d’une superproduction hollywoodienne, un chef terroriste qui se maquille comme un présentateur-vedette de journal télévisé pour revendiquer un attentat, et un compositeur qui a vu une œuvre d’art dans un crime terroriste conçu pour ressembler à un film hollywoodien diffusé à la télévision.

Cette logique révèle qu’esthétisation de la politique et marchandisation de la culture sont les deux faces d’un même phénomène qui affecte nos sociétés. Essai critique sur la violence de la musique et la musique de la violence, à l’intersection de la théorie politique et de la théorie esthétique, ce livre analyse les rapports entre art et terreur, technologie et culture, et considère la musique comme un objet de connaissance autant qu’une source de savoir sur notre monde.

Publié par Omer Corlaix à 09:19am - Voir le commentaire ()

15 Mai 2020

QUI E ORA, belle et profonde revue italienne en...

Publié par Éditions MF à 18:51pm - Voir le commentaire ()

12 Mai 2020

L'UE, ce n'est pas l'Allemagne de 1851 avec ces 39...

Publié par Éditions MF à 10:18am - Voir le commentaire ()