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Musiques contemporaines XX & XXI

Musiques contemporaines XX & XXI

Chroniques de concerts,de festivals, d'événements, de livres, de disques et de DVD.

19 Septembre 2017

L'un dans l'autre, la musique et le théâtre faisaient bon ménage au T2G

L'un dans l'autre, la musique et le théâtre faisaient bon ménage au T2G
L'un dans l'autre, la musique et le théâtre faisaient bon ménage au T2G
L'un dans l'autre, la musique et le théâtre faisaient bon ménage au T2G

T2G, samedi 15 septembre, 2017

Rebonds et artifices, I Xenakis, Rebonds, Enno Poppe, Fell,  Tolga Tüzün, Metathesis par  Les solistes de l'ensemble Intercontemporain,  Samuel Favre, Victor Hanna, percussions et Nicolas crosse, cb et Benoït Meudic et Tolga Tuzün, RIM

Les Aveugles,  texte Maurice Maeterlinck, mise en scène Daniel Jeanneteau

Installation-performance, Daniele Ghisi et Daniel Jeanneteau,texte Yoann Thommerel jusqu’au  25 septembre 2017

 

La nouvelle génération de compositeurs que nous avons entendue la semaine dernière à l’Abbaye de Royaumont, dans le cadre de  l’Académie Voix nouvelles nous a semblé à mille lieues de créateurs comme Heiner Goebbels, Simon Steen-Anderson, Ondřej Adámek, voire Alexander Schubert, qui était à l’honneur de la nouvelle saison théâtrale  du T2G. Le Théâtre de Gennevilliers inaugurait  la nouvelle mandature du metteur en scène Daniel Janneteau en mêlant théâtre et musique contemporaine. La fusion fut complète ! La première partie proposait une mise en scène du chef-d’œuvre de Maurice Maeterlinck,  Les aveugles, une pièce chorale questionnant le regard au théâtre, et peut être également l’écoute. Que voit-on, qu’écoutons-nous ?  Être aveugle et sourd, voire idiot sont des postures utiles. Dois-je me révolter, aider mon prochain dans la détresse, donner des leçons de morale, voire politique ou fermer les yeux ! Ces aveugles, ce sont nous, ils parlent, peut-être même un peu trop. Leur guide, le prêtre, les a laissés tomber ou plus précisément, il n’est plus.  Ils sont paumés ! Tous les indices sont bons à prendre. On interprète, et on se plante. Pour enfoncer le clou, les comédiens sont parmi nous, pêle-mêle, là sur des chaises disposées cahin-caha. Un smog de théâtre à couper au couteau nous enveloppe. Des sons électroniques, parfois plus concrets évoquant le vent, la mer, surgissent… Nous sommes sur une île. Le sujet, c’est nous. Beckett réitèrera ce geste théâtral dans En attendant Godo. Tout sonne juste dans la mise en scène de Jeanneteau.  L’allégorie de notre temps présent nous laisse sans voix.

Il est possible entre les deux parties de la soirée de découvrir l’installation sonore et visuelle, Mon corps parle tout seul du compositeur Daniele Ghisi et de Daniel Jeanneteau sur un texte Yoann Thommerel. Un couloir obscur mais bien très fléché nous mène devant une bouche bariolée éructant un texte projeté sur un rideau. Malheureusement, la somme des consignes avait épuisé mon attention, j’étais encore dans Les aveugles. Cela m’évoquait trop le travail sur la voix du compositeur Trévor Wishart. Je pensais également à une œuvre de Samuel Beckett, Not I interprété par le comédien David Warrilow. On était passé du noir et blanc, à la couleur psychédélique. Bon, pourquoi pas ?

Retour au plateau 1 pour un concert, Rebonds et artifices avec les percussionnistes Samuel Favre et Victor Hanna, et la contrebasse de Nicolas Crosse. Les solistes de l’Intercontemporain en dépit de l’électronique étaient un peu esseulés sur cet immense plateau. Difficile de passer la rampe. Cette première partie semblait flotter. Mais, après l’entracte, le second choc de la soirée se produit, la musique et la lumière enveloppaient nos yeux et nos oreilles, Codec error d’Alexander Schubert nous saisissait. Ce n’était pas les artificiers du Groupe F, mais l’impression fut la même, crépitement de flashs, aveuglement, musique puissante… Nicolas Crosse, au centre, déboulait au ralenti, avec sa haute stature tel  le Christ de la Résurrection des corps,  flanqué de ses deux automates percussifs, Samuel Favre et Victor Hanna. Une demi-heure de musique nous colle à notre siège. Spectacle puissant, saisissant, réglé au cordeau. La musique, la scénographie et les lumières tout concourt à l’effet de sidération. Il me revenait en mémoire la chorégraphie et les lumières de Loss of Small Detail  de William Forsythe et la scénographie du chorégraphe Xavier Le Roy de Mouvement für Lachenmann sur Salut für Caudwell . On retrouvait l’esprit du concert donné en juin dernier au Festival Manifeste 2017, Sound & vision ( A Liquid room) conçu par l’Ensemble ictus.

On se met à rêver d’une soirée où il y aurait seulement  Les Aveugles de Maeterlinck-Jeanneteau et  Codex Error d’Alexander Schubert, ce serait une soirée parfaite.  Tout bien, tout honneur, c’était aussi la rentrée de l’Ircam !

 

Publié par Omer Corlaix à 18:33pm - Voir le commentaire ()

13 Septembre 2017

Voix nouvelles, voix ancestrales à Royaumont : le rendez-vous de la création

Royaumont Académie voix Nouvelles 2017
Royaumont Académie voix Nouvelles 2017
Royaumont Académie voix Nouvelles 2017
Royaumont Académie voix Nouvelles 2017

Royaumont Académie voix Nouvelles 2017

Samedi 9 et dimanche 10 septembre  2017 à l'Abbaye de Royaumont, ces deux jours étaient consacrés à l'Académie Voix Nouvelles.

Les Interprètes : l'Ensemble Multilatéral, le Quatuor Tana et Ensemble vocal les Métaboles, Juliet Fraser, soprano et Léo Warynski, direction

C’est la rentrée musicale dans les grandes institutions culturelles musicales françaises, mais  la création n’est manifestement pas à l’ordre du jour, il faut comme d’habitude aller à l’Abbaye de Royaumont pour rencontrer des compositeurs et des œuvres nouvelles. Ce weekend du vendredi 8 au dimanche  10 septembre a conclu les trois semaines  de l’Académie voix  nouvelle.  Les compositeurs  Mark Andre, l’Alex Mincek,  Philippe Leroux,  l’Ensemble Multilatéral  et le Quatuor Tana ont accompagné les treize compositeurs retenus dans la réalisation d’une œuvre.  Les jeunes compositeurs arrivent avec une œuvre partiellement composée, qu'ils  terminent pendant l’Académie. Le quatuor à cordes était à l’honneur lors de cette session.  Deux compositeurs vont utiliser cette formation musicale,  l’Américaine Jonah Haven (*1995) et le Taïwanais Shiuan Chang (1989). Laugh Radish de Jonah Haven est  une œuvre  "matiériste", et, très introverti dans son expression, on retrouve le même type d’écriture dans une œuvre précédente  pour clarinette basse et violoncelle, Love grows in a mango tree.  Le Quatuor « Le sourie du radis » est une œuvre tout aussi bucolique que L'amour croît dans un manguier. La seconde œuvre  pour quatuor, présente était Cleaning the Temple de Shiuan Chang, il est plus âgé, ses six ans d’écart avec sa consœur se perçoivent, son écriture est plus assurée et prend bien en compte les quatre pupitres du quatuor, chaque voix est bien individualisée sans perdre l'unité sonore, et  il sait où il va, il mène son discours.   En nettoyant le temple [bouddhiste] est son second  quatuor. Il m’a semblé que c’était l’œuvre la plus aboutie de cette session 2017. Pour en finir avec quatuor, les Tana ont donné un samedi soir un concert bien "charpenté" dont nous retiendrons le quatuor du jeune Anglais Edwin Hillier (*1988), Soliloquies, œuvre d’une belle maîtrise, la musique se maintient de bout en bout, le son ne tombe jamais, et dans son expression très mezza-voce. Une belle réussite d'un compositeur de la session préczédente de Voix Nouvelles. Nous avons réécouté avec plaisir  le troisième quatuor de Yann Robin, Shadows, mais nous aurions aimé un troisième mouvement plus inventif, à l'égal des deux précédents mouvements, un peu à la manière du Quatrième quatuor de Béla Bartók, présent à ce concert,  renouvelant sans cesse son matériau sonore de mouvement en mouvement. C’est le défi majeur du quatuor !

Voix nouvelles, voix ancestrales

Nous avons  écouté également une œuvre hautement expressive de la compositrice russe Tatiana Gerasimenok (1992), Bohemian Algue. Une performance pour soprano, clarinette et contrebasse. Il y a avait là, un petit côté rituel endiablé de vieux croyants échappés de la taïga un soir d’automne à Royaumont. Cette séance d’exorcisme a réveillé nos corps assoupis par une première partie un peu poussive.  

Nous retiendrons également la belle interprétation du Rothko Chapel de Morton Feldman par l’Ensemble vocal les Métaboles.  Et, n'oublions pas le magnifique concert-promenade du samedi par les musiciens de multilatérales . Nous retiendrons deux œuvres ,  le  chef d’œuvre  pour harpe de Georges Aperghis, Fidélité (1993) excellemment interprétée par Aurélie Saraf et la partie électronique de  Mnémosyne de Brian Ferneyhough, un choral éolien aux sonorités magiques ! 

Deux entretiens avec Philippe Leroux et Jean-Philippe Wurtz qui dirige d'une main ferme depuis deux ans l'Académie Voix Nouvelles.

Philippe Leroux

Philippe Leroux

Entretien avec Philippe Leroux, compositeur et professeur à l'Académie Voix Nouvelle

Jean-Philippe Wuirz, directeur de l'Académie Voix nouvelles

Jean-Philippe Wuirz, directeur de l'Académie Voix nouvelles

Jean-Philippe Wurtz, directeur de l'Académie Voix nouvelles

Publié par Omer Corlaix à 17:58pm - Voir le commentaire ()